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La Natura delle Cose

Numeridanse.tv

Chorégraphe(s) : Sieni, Virgilio (Italy)

Présentée dans la/les collection(s) : Numeridanse.tv

en fr

La Natura delle Cose

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Chorégraphe(s) : Sieni, Virgilio (Italy)

Présentée dans la/les collection(s) : Numeridanse.tv

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Natura della cosa (La)

Une oeuvre inspirée du De natura rerum de Lucrèce.

Direction artistique : Virgilio Sieni

Chaque moment est fragile et le groupe de cinq danseurs, ne formant qu’un seul corps, est en mouvement dans l’espace, ce ne sont pas des gestes rituels, mais une libération continue d’un geste dans un autre.
La chorégraphie s’ouvre avec un portrait, pas une image. Il se détache du corps de l’homme ou du danseur, cette image de l’esprit qui est capable de déplacer la perception de son propre équilibre : en pratique, dans les cauchemars tout comme dans les images reflétées, on peut dire que le regard n’est pas tourné vers lui-même mais s’annule afin de laisser de l’espace à quelque chose d’autre, à l’autre ; ce portrait nous guide à travers la danse et les trois scènes.
Vénus traverse trois âges.
D’abord, elle a onze ans, puis elle est une enfant de deux ans avant d’être finalement une femme de quatre-vingts ans. Il ne s’agit pas d’un cycle précis, mais d’un bond dans le temps ; il ne s’agit pas d’une inversion temporelle mais des traces de la mémoire sur le corps adulte. Dans ce sens, la structure a été déterminée par la posture du corps et la façon dont elle se construit au cours des différentes étapes de la vie. Vénus est d’abord suspendue ; puis elle descend sur Terre, son buste dressé et parfaitement droit ; finalement, dans la troisième scène, elle est dans un vide, un ventre sur le sol et nous regarde dans les yeux. Ainsi, Vénus est également sur une pente, elle chute et décline, elle est le regard de chaque moment, encore plus fragile.
Pendant vingt minutes, Vénus ne met jamais vraiment les pieds sur le sol.
Une source de plaisir et de ravissement, suspendue, soulevée et déplacée par quatre hommes qui la guident dans sa dynamique. Elle se limite chaque fois à une avancée, sans précipitation, on peut penser à la déclinaison des atomes au moment incertain lorsque, au cours de leur chute dans le vide, ils rencontrent un point imprécis manquant de matière.
Je ne pense pas tellement au vol en tant que mécanisme inscrit dans la partition dans laquelle le corps de Vénus est un clinamen, ce tout petit écart et tendance des atomes que Lucrèce a remarqué. Des images défilant définissent le corps comme momentané, une membrane subtile qui tend sans cesse à se détacher.
Et effectivement, à partir du corps de la danseuse, la danse dans la deuxième scène dessine des images, des portraits et tend sa peau pour préparer les « presque organes » qui y gargouillent et qui, ici, nous « effraient » par l’isolement martelant de chaque silhouette, de chaque atome de la dynamique : Vénus sépare physiquement ses membres pour les arranger et les adapter à la danse, ou plutôt, aux suspensions de la danse.
La troisième scène est présentée comme conjointe, comme un évènement. Une rencontre momentanée produite par le clinamen : le vide continu de l’espace dans lequel la vieille femme,  parmi des éclairs, de la brume, des volcans et des fléaux inexistants, se propose afin d’être utilisée pour dévier habilement le regard vers chaque geste.
Tout cela étant dans le spectacle, que regardons-nous finalement ? Il existe un espace entre le plaisir et l’amertume qui peut sauver le théâtre. Le théâtre, pas seulement celui du soir, mais également celui auquel on s’intéresse quotidiennement comme une nécessité et un désir, est-il encore ce choc indéfini dans la « momentanéité » du spectateur et du participant ? Encore aujourd’hui, en traversant ces espaces qui accueillent les corps, j’imagine toujours un danseur, ou un ange, un être béni sans organes donnant naissance à la danse d’une musique intérieure, toujours extrêmement fragile et tendue.

Générique

Collaboration sur l'écriture dramaturgique et la traduction : Giorgio Agamben
Avec Ramona Caia, Nicola Cisternino, Jacopo Jenna, Csaba Molnar, Daniele Ninarello
Costumes : Geraldine Tayar
Musique originale : Francesco Giomi
Voix : Nada Malanima
Lumières : Marco Santambrogio et Virgilio Sieni
Masques d'animaux Chiara Occhini
Remerciements Tempo Reale Firenze

Sieni, Virgilio

Chorégraphe et danseur, il fonda en 1983, la Compagnie Butterfly Park et en 1992, la Compagnie Virgilio Sieni, devenant l'un des protagonistes de la scène européenne contemporaine. Il crée des spectacles pour les plus hautes institutions musicales italiennes et a remporté de nombreux prix (Ubu, Danza&Danza, Lo straniero, ANCT). En 2013 , il est devenu directeur de la Biennale de Venise - Secteur de danse et a été nommé « Chevalier de l’Ordre des arts et de lettres par le ministre français de la culture. Il représente l’Italie lors de l’évènement « Marseille capitale européenne de la culture 2013 », avec le projet « Arte del geste nel Mediterraneo » impliquant 160 artistes de différents pays, tant à Bruxelles que dans le semestre italien de la présidence de l'UE 2014 avec le projet « Vita Nova » sur l’iconographie sacrée au  Bozar de Bruxelles. En 2015 , il réalise pour la Fondation Prada à Milan « Atlas du geste ».

Source: Site de la Compagnie Virgilio Sieni

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virgiliosieni.it

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