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C(h)oeurs

Lorsque le directeur d’opéra Gerard Mortier a demandé à Alain Platel de créer un projet Verdi pour le Teatro Real à Madrid, le choréographe gantois s’est aussitôt mis au travail avec les fameuses scènes chorales des opéras de Verdi. Dans un deuxième temps, il y a ajouté des morceaux de l’oeuvre de Richard Wagner. Depuis des années déjà,  la tension entre le groupe et l’individu est un thème central dans les représentations de Platel qui sont à la fois populaires, anarchiques, éclectiques et engagées. Dans C(H)OEURS, sont plus vaste projet jusqu’à présent, Platel, avec ses danseurs et le choeur du Teatro de Madrid, explore à quel point la beauté d’un groupe peut être dangereux-se. Quel est le rapport entre le nationalisme du 19ième siècle de Verdi et de Wagner et la tendance actuelle des nations de se replier de plus en plus sur soi ? Dans une masse, quel est le rôle de l’amour si typique et tant idéalisé des opéras ? Tout comme Jonathan Littell dans son roman ‘Les Bienveillantes’, Platel questionne la responsabilité de l’individu dans le groupe. Mais la question la plus importante reste comment les spectateurs du 21ième siècle vivent l'émotivité irrésistible émanant des choeurs de Wagner et de Verdi. 

Gand, septembre 2011
Source : Les ballets C de la B

 

Crédits

Format Live recording | Production Company EuroArts Music International GmbH (Germany), Teatro Real Madrid (Spain) | Co-Production Company 3sat, TVE | Producer Isabel Iturriagagoitia Bueno, EuroArts Music International GmbH (Germany) | executive Producer Ángela Álvarez Rilla, Maria Kasten, Bernd Hellthaler (EuroArts Music International GmbH, Germany), Javier González | Director Andreas Morell | Camera Nyika Jancsó | editor Alberto Pascual Otero | Duration 100' | Production Year 2012 | Recorded Teatro Real Madrid, 17.03.2012 | Musical Style Classical music | Dance Style Modern dance | Composer Giuseppe Verdi, Richard Wagner | Stage Director Alain Platel | Choreography by Alain Platel | Dance Company Les Ballets C de la B | Costumes Dorine Demuynck | Source video/audio HD / Dolby surround 5.1 | Distribution TV EuroArts Music International GmbH (Germany) | Distribution homevideo Teatro Real Madrid (Spain)

Platel, Alain

Alain Platel est orthopédagogue de formation et autodidacte en tant que metteur en scène. En 1984, il forme avec des amis et membres de sa famille une troupe fonctionnant en collectif. À partir de "Emma" (1988), il  se distingue plus clairement en tant que metteur en scène. Il crée "Bonjour Madame" (1993), "La Tristeza Complice" (1995) et "Iets op Bach" (1998), des productions qui propulsent les ballets C de la B (c'est le nom adopté par la troupe) au sommet international. En compagnie de l'auteur Arne Sierens, il accomplit un effet comparable pour la compagnie de théâtre jeune public Victoria de Gand, en proposant "Moeder en kind" (1995 Mère et enfant), "Bernadetje" (1996) et "Allemaal Indiaan" (1999 Tous des Indiens).
Après "Allemaal Indiaan" (Tous des Indiens), Alain Platel annonce qu'il ne produira plus de nouveaux spectacles. Mais Gerard Mortier le convainc de créer Wolf (2003), une pièce sur Mozart pour la Ruhr-Triennale. Le projet choral Coup de Chœurs monté par Alain Platel à l'occasion de l'ouverture du nouveau KVS marque le début d'une étroite collaboration avec le compositeur Fabrizio Cassol. "vsprs" (2006) signale un changement de cap. L'exubérance des spectacles précédents, s'exprimant par la diversité des interprètes et les thèmes abordés, cède la place à une plus grande introspection et une plus grande nervosité, en révélant un univers de pulsions et d'aspirations. Et aussi de violence, comme dans "Nine Finger" (2007) avec Benjamin Verdonck et Fumiyo Ikeda.

Après le style baroque de "pitié!" (2008), "Out Of Context – for Pina" (janvier 2010) constitue une réflexion quasiment ascétique sur l’arsenal de mouvements entourant les spasmes et les tics. A travers ce langage du mouvement, Alain Platel poursuit logiquement sa recherche d’une traduction pour les sentiments trop forts. Son aspiration à quelque chose qui dépasse l’individu est de plus en plus palpable. En collaboration avec Frank Van Laecke, "Gardenia" (juin 2010) s’est créé, dans lequel la fermeture d’un cabaret pour travestis constitue le point de départ d’une plongée au cœur des vies privées d’un mémorable groupe de vieux artistes. En 2015, Alain Platel et Frank Van Laecke renouvèlent leur collaboration avec la création de "En avant, marche !", un spectacle qui s'inspire de la tradition des orchestres de fanfare et des harmonies et dont la direction musicale est dans les mains du compositeur Steven Prengels. A la demande de Gerard Mortier, Alain Platel a créé "C(H)ŒURS" (2012) avec les fameuses scènes chorales des opéras de Verdi. La connotation politique de spectacles comme "tauberbach" (2014) et "Coup Fatal" (collaboration avec Fabrizio Cassol 2014) réside dans la joie de vivre et l'énergie qui éclatent de la scène et qui manifestent des moyens de (sur)vivre dans des circonstances indignes comme sur un dépotoir (tauberbach) ou dans la réalité quotidienne des musiciens au Congo ("Coup Fatal"). « Lust for life » comme moyen de rébellion.

Mais pour éviter tout malentendu: Platel ne cherche pas forcément l'expansion. Sa collaboration à des petits projets comme Nachtschade (pour Victoria en 2006) et le coaching comme pour Pieter et Jakob Ampe et leur création "Jake & Pete’s big reconciliation attempt for the disputes form the past" (2011) en sont la preuve. Ces deux projets ont d'ailleurs laissé des traces indéniables dans ses pensées sur ce qu'est le théâtre. Entre-temps, il a multiplié les films de danse en toute discrétion, que ce soit avec la réalisatrice britannique Sofie Fiennes ("Because I Sing en 2001", "Ramallah!Ramallah!Ramallah!" en 2005 et "VSPRS Show and Tell" en 2007) ou en solo avec les ballets de ci de là (2006), une plongée impressionnante dans la vie d’une troupe formée il y a vingt ans et qui nous amène jusqu’au Vietnam et au Burkina Faso. Il s’agit aussi et surtout d’une ode à la ville de Gand, son port d’attache.


Source : Les Ballets C de la B


En savoir plus : lesballetscdela.be

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