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Mammame

En 1984, Raul Ruiz, invité en résidence à  la Maison de la culture de Grenoble, eut envie de filmer le  travail des "créateurs Maison", Georges Lavaudant pour le théâtre, Gérard Maimone pour la musique, et moi pour la danse. Curieusement, il s'avoua assez décontenancé devant cet objet scénique nouveau qu'était la danse contemporaine. Je me souviens qu'il se plongea alors dans les comédies musicales américaines. Je lui en avais parlé, il savait qu'elles m'avaient inspiré. En 1985, pour réaliser le film « Mammame » à partir de ma chorégraphie, il eut  ainsi l'idée de créer lui-même "l'ambiance" de son décor, un huis clos dont il disposait les parois différemment selon les séquences (couloir, chambre, cagibi...).
Dès le début du tournage, au Havre, dans la Maison de la culture dont il allait devenir le directeur, fidèle à sa façon de faire, il débordait d'idées, inventait des cadrages jamais vus, tentait les choses les plus folles avec des accessoires, utilisa sa fameuse lentille coupée en deux pour avoir dans l'oeil de la caméra une courte et une longue focale en même temps. Mais tout ceci prenait du temps et au milieu du tournage nous n'avions mis en boite que dix minutes du film. Je le lui fis remarquer. Alors il enchaina les plans-séquences pour rattraper le temps perdu, ce qui donne un film assez "baroque", très découpé au début, en longs plans séquences ensuite. Toujours plein de projets, et devant s'absenter une journée pendant le tournage, il me confia les clés du plateau. Pour la première fois, je réalisai un plan de cinéma, seul. Peut-être ai-je pris le goût de la réalisation à ce moment-là. Le tournage s'acheva plusieurs mois plus tard, sur les galets d'une plage de Normandie, avec un plan-séquence minutieusement répété : le duo de Robert Seyfried et Muriel Boulay qui conclut le film.
Jean-Claude Gallotta

Gallotta, Jean-Claude

Après un séjour à New York à la fin des années 70 où il découvre l'univers de la post-modern Dance (Merce Cunningham, Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Trisha Brown, Steve Paxton, Stuart Sherman...), Jean-Claude Gallotta fonde à Grenoble – avec Mathilde Altaraz – le Groupe Émile Dubois qui deviendra Centre chorégraphique national en 1984. Installé depuis ses débuts à la Maison de la culture (dont il sera le directeur de 1986 à 1989), il y crée plus de soixante chorégraphies présentées sur tous les continents, dont Ulysse, Mammame, Docteur Labus, Presque Don Quichotte, les Larmes de Marco Polo, 99 duos, Trois générations, Cher Ulysse...


Il a également chorégraphié plusieurs pièces pour le Ballet de l'Opéra de Lyon et pour le Ballet de l'Opéra de Paris. Invité par le metteur en scène Tadashi Suzuki à Shizuoka (Japon), il y a créé et fait travailler une compagnie japonaise de 1997 à 2000. Après l'Homme à tête de chou (à partir de l'album de Serge Gainsbourg dans une version d'Alain Bashung) en 2009, il crée en 2011 Daphnis é Chloé (Théâtre de la Ville) et le Sacre du printemps (Théâtre national de Chaillot) ; fin 2012, il présente Racheter la mort des gestes - Chroniques chorégraphiques 1 au Théâtre de la Ville, puis à la MC2 ; début 2013, la recréation d'Yvan Vaffan cherchant ainsi patiemment à partager avec le public un même récit, celui d'une histoire et d'un avenir artistique communs.

En octobre 2013, il co-signe le spectacle l'Histoire du soldat de Stravinsky et l'Amour sorcier de Manuel de Falla avec le chef d'orchestre Marc Minkowski et le metteur en scène Jacques Osinski. En 14-15, il présente le Sacre et ses révolutions à la Philharmonie de Parie et en juin, crée l'Étranger à partir du roman d'Albert Camus à la MC2 : Grenoble.

Il ouvre la saison 2015-2016 avec My Rock à la MC2 : Grenoble, puis au Théâtre du Rond-Point à Paris.

 

 

Ruiz, Raoul

Groupe Émile Dubois

À la fin des années soixante-dix, une poignée de jeunes chorégraphes surgit sur la scène française. Jean-Claude Gallotta est de ceux-là. En 1981, Il crée sa compagnie, le Groupe Emile-Dubois avec Mathilde Altaraz, et huit danseurs (quatre garçons, quatre filles), inspiré par la révolution chorégraphique de Merce Cunningham et John Cage à New York. Ces danseurs ne sont pas recrutés sur les seuls critères techniques mais sur leur personnalité, leur différence, leur désir de s’intégrer dans un groupe ; l’un vient du théâtre, un autre de l’architecture, une troisième est médecin.


Le G.E.D. est invité à s’installer comme cellule de création dans les murs de la Maison de la Culture de Grenoble. Une de ses premières pièces, Ulysse (1981), est tout de suite reconnue comme fondatrice de la nouvelle danse française. Le chorégraphe surprend, avec un « ballet blanc » qui ne détruit pas le tissu classique, mais joue avec et l’intègre dans la gestuelle contemporaine.


Dans ces premières années, le G.E.D. contribue à faire naitre l’idée des Centres chorégraphiques nationaux. Celui de Grenoble est un des premiers, il lui est attribué en 1984.

Au début des années 90, le G.E.D. produit des spectacles appelés D.T.M (danse, texte, musique) selon cette idée que la notion de danse doit dépasser la simple question du mouvement des corps et doit intégrer le son, la voix, la parole, le sens.


Au fil du temps, l’équipe de danseurs se renouvelle mais l’importance que le chorégraphe accorde à la qualité des rapports humains entraine chaque interprète à suivre la compagnie sur plusieurs spectacles, à l’exemple de Thierry Verger depuis 1992, de Béatrice Warrand depuis 1995.


Le G.E.D. fait ainsi voyager dans le monde entier un style chorégraphique qui, à partir de la source Cunningham, s’est développé de façon très personnelle avec notamment l’introduction d’un humour gestuel et d’une réflexion permanente sur la singularité du corps de « ceux qui dansent, ceux qui ont dansé, ceux qui aimeraient bien, ceux qui ne danseront peut-être jamais".


Fin 2015, le G.E.D. quitte l’écrin du Centre chorégraphique national et reprend son identité première tout en continuant à travailler à l’intérieur de la MC2 Grenoble. Jean-Claude Gallotta devient également auteur associé du Théâtre du Rond-Point à Paris.


Le G.E.D. a présenté Volver en 2016, a repris My Rock, a créé My Ladies Rock en 2017 et prépare Comme un trio d’après Bonjour Tristesse de Françoise Sagan (automne 2018) ainsi que la recréation de l’Homme à tête de chou (printemps 2019).

Outre les créations de Jean-Claude Gallotta, le G.E.D. gère également la transmission de pièces de répertoire et des actions de sensibilisation auprès de publics scolaires et amateurs.


Le Groupe Émile Dubois / Cie Jean-Claude Gallotta est soutenu par le Ministère de la culture et de la communication en tant que Compagnie à rayonnement national et international. Il est également soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Département de l’Isère.


Source : Groupe Émile Dubois


En savoir plus : www.gallotta-danse.com

Mammame

Direction artistique / Conception : Raoul Ruiz

Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta

Interprétation : Eric Alferi, Mathilde Altaraz, Muriel Boulay, Christophe Delachaux, Jean-Claude Gallotta, Pascal Gravat, Priscilla Newell, Viviane Serry, Robert Seyfried

Musique originale : Henry Torgue et Serge Houppin

Lumières : Manuel Bernard

Costumes : Jean-Yves Langlais

Décors : Jean-Yves Langlais

Production / Coproduction de l'œuvre vidéo : Groupe Emile Dubois – Arcanal – Cinémathèque Française de la Danse - Maison de la Culture du Havre – Maison de la Culture de Grenoble – Théâtre de la Ville (Paris)

Durée : 65'

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